Le loup

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par default Le loup

Message par keiko le Jeu 26 Jan - 19:41

Le loup





Cet animal :
obéit à une structure sociale très hiérarchisée, dont le noyau est composé d’un mâle et d’une femelle dominants
a été exterminé dans de nombreuses régions de l’Amérique du Nord
doit dépenser beaucoup d’énergie pour trouver sa nourriture — il chasse en vain neuf fois sur dix le gros gibier
hurle pour communiquer avec d’autres meutes




Description
Il est presque impossible de faire une description type du loup (Canis lupus). De loin, les loups de nombreuses grandes îles de l’Arctique et du Groenland paraissent blancs, mais de près, ils laissent voir des nuances grises, noires ou rousses. Les loups des régions septentrionales de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie sont de couleurs diverses. La même bande peut inclure des individus noirs, certains qui sont nuancés de gris brun et d’autres qui sont blancs. Le loup des régions densément boisées de l’Est de l’Amérique du Nord a une couleur plus uniforme. Il est souvent d’un gris-brun poivre et sel comme certains bergers allemands.

Cette variété de couleurs constitue un bel exemple de la sélection naturelle, processus qui permet aux animaux les mieux adaptés à un milieu particulier de survivre. Dans les îles de l’Arctique, où une grande partie du sol est couverte de neige pendant au moins neuf mois par année, le blanc confère au loup un net avantage, ce qui a permis au loup de l’Arctique, dont la livrée est presque entièrement blanche, de survivre. Dans les forêts de l’Est profuses en teintes de gris, de vert et de brun, le pelage du loup gris offre par ailleurs un excellent camouflage. Quand il se déplace furtivement ou qu’il est immobile, le loup se confond avec le paysage et est difficile à repérer.

Les loups de l’Arctique ont un sous-poil très fourni, qui les protège contre les rigueurs de l’hiver. L’adaptation à l’environnement se manifeste aussi par l’habitude du loup de se regrouper pour chasser; cette tactique lui permet de s’attaquer au gros gibier comme le cerf, le wapiti, l’orignal, le caribou, le bison et le bœuf musqué.

Signes et sons

Les hurlements d’une meute constituent l’un des bruits les plus impressionnants des régions sauvages. Il s’agit d’un moyen de communication d’une bande à une autre.

Les loups hurlent souvent spontanément, au lieu de rassemblement de la meute, aussi appelé lieu de rendez-vous. Il peut s’agir d’un « chant de joie » puisque les loups semblent y prendre plaisir. On a déjà observé des loups adultes de l’Arctique séparés de leurs petits par un torrent et hurlant pendant des heures, tandis que les petits s’agitaient frénétiquement de l’autre côté de la rive. Ces hurlements semblaient être une forme d’appel ou d’encouragement. On suppose également que les hurlements servent à avertir les autres bandes de loups qu’un territoire est occupé et à distinguer les meutes entre elles.



Habitat et habitudes
Le loup est un animal territorial : chaque meute occupe un territoire qu’elle défend contre les envahisseurs. La superficie du territoire est très variable et dépend des types de proies disponibles et de leur abondance. Lorsqu’une meute pénètre dans un territoire étranger, il s’ensuit des combats qui se soldent souvent par la mort de certains membres du groupe. Dans la hiérarchie, les loups subordonnés sont souvent rejetés par la meute. Dans ces cas, les loups solitaires peuvent trouver des partenaires et rechercher des territoires inoccupés où ils peuvent établir de nouvelles meutes.

L’habitude de chasser en bande a entraîné l’établissement d’un système complexe de comportements sociaux. Le loup est un animal sociable. Non seulement chasse-t-il en groupe, mais il passe presque toute sa vie avec d’autres loups. En Alaska, au Minnesota, au Michigan (Isle Royale) et dans certaines régions du Canada (le parc provincial Algonquin et les parcs nationaux Banff, Jasper et Wood Buffalo), des études ont montré que la bande, ou meute, se forme autour d’un noyau composé du mâle, de la femelle et des petits. Les autres membres de la meute sont des rejetons des années précédentes ou, plus rarement, des adultes d’une autre bande. Après avoir perfectionné leurs techniques pendant au moins un an, les louveteaux, devenus adolescents, savent chasser. Ils peuvent donc aider à abattre le gros gibier, la proie privilégiée du loup, avec le reste de la bande.

Certaines études sur le loup en captivité montrent que la meute possède une structure sociale très hiérarchisée, dont le noyau est composé d’un mâle et d’une femelle qui dominent les autres membres du groupe familial. Le loup dominant tient sa queue haute, ses pattes droites et il hérisse sa crinière. En sa présence, tout animal subordonné se blottit au sol, les oreilles rabattues ou, s’il est debout, se tient la queue entre les pattes et affiche une attitude craintive.

Les liens de la meute se resserrent en hiver au moment des déplacements et des chasses. L’été, lorsque les louveteaux sont encore petits, les adultes s’absentent rarement pour de longues courses. Il leur arrivera d’aller chasser en groupe, après s’être rencontrés à la tanière ou au lieu de rendez-vous où les petits sont surveillés.

Caractéristiques uniques

Le loup était autrefois diffamé. En Occident, la peur et la haine du loup se sont longtemps reflétés dans des contes tels que « Le Petit Chaperon rouge » et « Le garçon qui criait : Au loup! » Dans ces récits populaires, le loup a la réputation d’être non seulement un maraudeur, mais aussi un tueur de bêtes et d’humains.

L’histoire du « Garçon qui criait : Au loup! » est partiellement vraie, puisqu’il arrive que des loups tuent des bestiaux et des moutons. Mais que penser du « Petit Chaperon rouge »? Pas plus au Canada qu’aux États-Unis, il n’a été signalé que des loups avaient tué des humains. Dès qu’un de ces animaux était aperçu dans une région agricole, la population était autrefois gagnée par la panique. Cette frayeur s’est atténuée au fil des ans : beaucoup de gens savent désormais que des scientifiques étudiant le comportement des loups ont vécu très près de tanières qui abritent des louveteaux sans être jamais attaqués. Ils ont même pu même emporter les petits hors de la tanière sans être molestés d’aucune façon. Les parents réagissent alors en s’éloignant momentanément, puis reviennent pour transporter leur progéniture dans un endroit plus discret pouvant servir de tanière ou les conduire au lieu de rendez-vous de la meute.

Dans les régions où il est chassé ou piégé, le loup devient peureux et très méfiant. Mais, dans les régions éloignées comme l’archipel Arctique canadien, il ne manifeste que très peu de crainte et tolère même le voisinage de l’être humain.



Aire de répartition



Il y a 200 ans, le loup, aussi appelé loup gris, était le plus répandu de tous les mammifères. Il occupait de vastes espaces de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie; les seuls endroits où il ne pouvait vivre étaient les déserts, les forêts tropicales humides et les sommets des plus hautes chaînes de montagnes.

Le loup habite encore de vastes étendues de l’hémisphère Nord, mais son aire de distribution primitive s’est considérablement rétrécie par suite de la modification de l’habitat et des tentatives des humains de l’exterminer.

En Amérique du Nord, le loup a complètement disparu des provinces de l’Atlantique; il en est de même au Mexique, aux États-Unis (excepté au Minnesota, en Alaska et dans certains États de l’Ouest américain), ainsi que dans les régions fortement peuplées du Sud du Canada. Il est encore commun dans les régions peu habitées du Canada, du Labrador à la Colombie-Britannique, ainsi que dans le Territoire du Yukon et les Territoires du Nord-Ouest.

Le loup roux (C. rufus) était autrefois commun dans le Sud-Est des États-Unis. Il a aujourd’hui disparu à l’état sauvage. Grâce à un programme de reproduction en captivité, l’espèce est maintenant en voie d’être réintroduite dans l’aire qu’elle occupait autrefois.



Alimentation
Les principales proies des loups sont les gros mammifères comme le cerf, l’orignal, le caribou, le wapiti, le bison et le bœuf musqué. Les loups peuvent aussi se nourrir d’une variété de petits mammifères et d’oiseaux, mais ceux-ci ne constituent habituellement qu’une partie de leur régime alimentaire.

Le loup doit dépenser beaucoup d’énergie pour trouver sa nourriture. Diverses études démontrent qu’il chasse en vain neuf fois sur dix le gros gibier. En hiver, il abat ordinairement un animal âgé ou un jeune mais lorsque le nombre de proies diminue, la prédation touche les animaux de tous âges, et un animal n’est parfois tué qu’au prix des efforts de la meute entière. L’été, le menu du loup est souvent composé de jeunes proies nées au cours de l’année et donc plus faciles à capturer.

Les scientifiques peuvent observer le comportement du loup quand il chasse en hiver. Ils le suivent à la piste ou en avion, à l’aide d’émetteurs radio. Récemment, on a utilisé une nouvelle technique de pistage par collier relié à un satellite.

En été, les conditions d’observation sont beaucoup plus difficiles, d’où le peu de données disponibles sur les habitudes des loups en cette saison. Comme les loups voyagent habituellement seuls ou en couples durant la saison chaude, leurs méthodes de chasse peuvent être alors très différentes. D’après des études approfondies faites par un scientifique, la chasse à l’affût jouerait un rôle important durant l’été.



Reproduction
Le cycle de reproduction des loups diffère de celui des chiens. Le chien mâle peut se reproduire en tout temps de l’année, et la femelle tous les six mois. Les loups vivant à l’état sauvage ne peuvent se reproduire qu’une fois par année. En captivité, le loup peut féconder plusieurs femelles. La période d’accouplement varie selon la latitude, mais elle survient le plus souvent en mars et en avril. Après neuf semaines de gestation, ou grossesse, une portée de cinq ou six petits (quelquefois de huit ou plus) voit le jour.

En général, le loup atteint sa maturité sexuelle au cours de sa seconde année. Il arrive que de plus jeunes loups soient aptes à la reproduction, mais cela est exceptionnel. Une bande comprend parfois plusieurs femelles adultes en âge de se reproduire.

Dans une forêt de conifères ou dans la toundra, les louveteaux naissent habituellement dans un terrier creusé dans un sol meuble, par exemple les eskers, dunes formées par les eaux de fonte des glaciers, ou dans un sol de même type. Dans les forêts mixtes, la tanière de mise bas se trouve souvent dans un creux de rocher ou dans une vieille souche de pin. Si la meute n’est pas dérangée, elle reste ordinairement pendant un mois ou plus dans les parages du refuge abritant les petits.

Ces derniers restent dans la tanière pendant environ deux semaines. Quand ils commencent à s’ébattre au dehors, les parents les laissent parfois à la garde d’un autre membre de la bande pendant qu’ils vont chasser. Il arrive parfois que les petits restent sans surveillance une journée entière ou plus. Vers le milieu de l’automne, ils suivent la bande dans ses déplacements et participent avec elle à la chasse et à d’autres activités.

Les jeux auxquels les jeunes loups se livrent fréquemment les aident à préparer leurs techniques de chasse. Les adultes tendent des embuscades à leurs proies ou les détournent vers d’autres loups. Ces tactiques apprises (et non innées) se sont développées au cours de leurs essais maladroits de louveteaux enjoués, qui se cachent derrière un obstacle pour mieux surprendre leurs camarades de jeu. Même en hiver, après avoir presque atteint leur taille adulte, les jeunes continuent à jouer de diverses façons, se pourchassant autour d’un arbre, dans une clairière, ou exécutant une course effrénée sur un lac glacé avec, comme enjeu, un bout de bois ou un rebut quelconque.



Conservation
Depuis longtemps, l’être humain s’adonne à la répression et à l’extermination des loups. Les gouvernements ont déjà accordé une prime (somme d’argent) pour chaque animal abattu. Au Canada, la première prime a été payée en Ontario (appelé alors le Haut-Canada), en 1792. Par la suite, on a adopté ce système dans toutes les provinces et tous les territoires fréquentés par les loups. En 1973, cette coutume n’avait plus cours au niveau provincial et territorial, sauf dans les Territoires du Nord-Ouest. Aboli en novembre 1972 en Ontario, l’octroi de primes pour l’abattage de loups a été remplacé par la Loi sur l’indemnisation des dommages causés au bétail par les loups, qui prévoit le paiement d’indemnités aux fermiers dont le bétail a été attaqué par des loups ou des coyotes. Au Québec, depuis 1984, si des primes sont encore offertes à l’occasion par certaines municipalités, le piégeage et la chasse du loup ne sont autorisés que pendant une certaine période de l’année. La Colombie-Britannique et les provinces des Prairies utilisent désormais des pièges et du poison pour se débarrasser des loups dans les régions où ils sont une menace pour le bétail et le gibier.

Le loup sert d’agent régulateur des populations de gros gibier. Les endroits dépourvus de loups (l’île d’Anticosti, la Pennsylvanie et le Wisconsin en sont des exemples) abritent une population anormalement élevée de cerfs de Virginie qui dévastent les forêts. Parfois, cette surpopulation entraîne une pénurie de nourriture et peut occasionner de grandes famines chez les cerfs au cours de l’hiver. Dans les endroits encore peuplés de loups, le gros gibier étant désormais plus facilement accessible aux chasseurs dans les régions sauvages, la concurrence entre les humains et le loup pour les mêmes proies s’est intensifiée par suite de la diminution du nombre de wapitis, d’orignaux, de cerfs et de caribous.

Les loups ont déjà été exterminés en de nombreux endroits. Toutefois, des excès de cette nature seraient moins à redouter pour l’avenir, car la gestion des populations de loups est de plus en plus basée sur des études biologiques plutôt que sur des réactions émotives. Désormais, les chasseurs et le grand public comprennent mieux que la prédation des cerfs et autre gibier ne justifie pas l’extermination des loups. Il peut arriver que les populations de gibier chutent dangereusement, ce qui tendrait, du point de vue biologique, à justifier certaines mesures de répression. Ces programmes de gestion suscitent toutefois de l’opposition de la part des populations urbaines, toujours en expansion. Ils sont devenus de grands enjeux politiques dans de nombreuses régions de l’Amérique du Nord. Les mesures de contrôle doivent être conçues de façon à remplir certains critères basés sur des données scientifiques bien établies et sur les principes d’une saine gestion des populations fauniques.

Le loup contribue à maintenir l’équilibre écologique des milieux sauvages. Du point de vue humain, il faut reconnaître l’intérêt et la valeur considérables de cet animal remarquablement intelligent. Il serait donc pleinement justifié de lui permettre de survivre dans les diverses régions sauvages ou mi-sauvages du Canada.

keiko
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Message par kk le Jeu 26 Jan - 19:48

J'ai pu voir un reportage sur les loups sur arté(5), c'était super! On ne peut que les respecter et les aimer!!!!!!!!!!!!!!! bravo bravo

kk
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Message par Blacksad le Jeu 26 Jan - 22:27

J'aime beaucoup le loup. Je pense que c'est l'animal le plus incompris de l'homme.

Blacksad
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Message par keiko le Jeu 26 Jan - 23:05

je suis d'accord avec toi Blacksad

keiko
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Message par Invité le Ven 27 Jan - 19:59

J'adore les loups , ils me fascinent et je les trouve magnifiques . J'en ai vu quelques-uns l'année dernière dans un parc ici , en Bretagne .

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Message par i le Ven 27 Jan - 20:34

bravo et merci keiko pour ce mini-reportage sur le loup. c'est de trés loin l'animal qui me fascine le plus et ce depuis ma prime enfance (c'est pas pour rien que je l'utilise pour avatar).
il existe un site loup.org qui est trés bien documenté pour ceux que ça intéresse.

i
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Message par Invité le Sam 28 Jan - 17:48

Connaissez-vous Hélène Grimaud, une pianiste virtuose classique qui vit avec des loups ?
Extrait d'un site qui lui est consacré :

"Le territoire d'Hélène Grimaud se situe en haut d'une colline du Connecticut, à une heure de train de New York. Par sa rusticité, sa maison tient plus du refuge intime que d'une villégiature pour pianiste harassée par les applaudissements. Elle vous demande d'ignorer l'odeur de boucherie qui flotte sous l'appentis, vous convie à entrer. Avec un rien de nervosité dans le décontracté, elle tourne en rond dans son salon-cuisine à l'américaine. « Confort ? » dit-elle en désignant le canapé, « ou inconfort ? » suggère-t-elle en se calant sur une spartiate chaise de bar, avant de s'esclaffer : « Moi, je choisis toujours le plus inconfortable ! »
Mais, une fois qu'Hélène Grimaud se plante en face de vous, elle ne vous lâche plus des yeux. Les rôles s'inversent. Le journaliste devient proie sous son regard d'un gris minéral, opalescent ou mat comme l'acier, selon qu'elle parle avec fièvre, se retire en elle-même ou contient un agacement. C'est elle qui pose les questions en flairant votre vie. Sa voix, bizarrement détimbrée, avec des tonalités de gorge parfois très sourdes, se libère progressivement pour atteindre des éclats de rire d'une sauvage gaieté. Dans les bois, tout près, des hurlements déchirent l'automne glacial.
Le visiteur met du temps à saisir ce comportement un rien intrigant. Plus tard, quand nous nous rendrons auprès des loups qu'elle élève, Hélène Grimaud parlera du contact avec ses protégés : personne ne les approche de son propre chef, ce sont eux qui vous acceptent sur leur territoire, selon leurs propres règles, jamais les mêmes d'un animal à l'autre. Pour l'heure, une détente dans la voix, plus fluide, un relâchement dans le corps peuvent s'interpréter comme l'acceptation de vos premières questions.

En 1991, après avoir hésité à s'établir dans cette Allemagne dont elle aime la littérature mais pas l'ordre rigide, Hélène Grimaud prend du recul à Tallahassee (Floride). Un regard change sa vie : celui d'une louve qu'un vétéran du Vietnam garde chez lui. Aujourd'hui encore elle ne peut mettre de mots sur cette rencontre, mais parle d'« une reconnaissance mutuelle ». Elle passe un diplôme afin d'obtenir l'autorisation d'élever des loups chez elle, et espère maintenant achever son doctorat d'éthologie. Avec acharnement, la pianiste cherche un grand terrain, loin de toute habitation, mais proche d'un réseau de communication qui lui permettra de continuer d'exercer son métier. Les agents immobiliers du Connecticut lui proposent de somptueuses demeures. Elle opte pour une masure à retaper et quelques hectares de bois sans vis-à-vis. Là, derrière un double grillage, dans l'enclos même, louve parmi les loups, elle peut observer ses congénères en noircissant des cahiers entiers de notes.
Hélène Grimaud parle d'une relation d'égalité avec ses loups.

« Si, parmi eux, vous n'êtes pas présent à 100 %, cela peut devenir dangereux. Rien n'est jamais acquis, chaque comportement dépend de l'organisation hiérarchique de la meute »

, précise-t-elle en enfilant une combinaison et des bottes matelassées avant de franchir la porte de l'enclos.

« Je n'ai pas peur d'être mordue, mais pour vous reconnaître, vous tester, le loup commence par mordre vos vêtements. Si je porte une veste que j'aime bien et que je le repousse, même gentiment, j'instaure un rapport agressif risqué. Aussi, là, je suis tranquille. »

Nous pas, quand, dans une décontraction constamment vigilante, elle joue avec les loups, les prend à bras-le-corps, leur mordille l'oreille tout en vous engageant à poursuivre la discussion. Le silence vous semble plus prudent. On s'en voudrait que, d'une faute d'attention, la belle n'héritât d'un coup de croc. Plus loin, elle s'agacera que les médias exploitent sa passion animale. Une fois encore, son image lui échappe. Sa maison de disques lui en refuse non seulement le contrôle, mais va jusqu'à imprimer des traces de pattes de loup sur son dernier album Beethoven...
Hélène Grimaud s'enflamme alors pour justifier sa passion pour le seul prédateur rivalisant avec l'homme. Dans les sociétés anciennes, de Romulus et Remus à Gengis Khan, en passant par les tribus indiennes, le loup fut un modèle avant de devenir la face féroce de l'inconscient humain, à exterminer coûte que coûte. Surtout depuis que, il y a deux mille ans, naquit l'« agneau de Dieu ».
Les loups ont aidé la pianiste à se reconstruire en lui créant des obligations de présence. Elle ne s'absente jamais plus de dix jours et n'accepte donc pas n'importe quel concert. Elle puise une force nouvelle dans son contact viscéral avec la nature, qui relativise les faux-semblants de la vie d'artiste. De jour comme de nuit, il faut nourrir les loups, jamais à heure fixe ni en disposant la viande au même endroit, ou alors ils deviennent soit névrosés, soit léthargiques. Hélène Grimaud affirme même que ses animaux l'ont réconciliée avec le genre humain, tant elle s'émerveille des classes d'enfants qui défilent chez elle, dénués de tout a priori. Entre piano et loup, elle ressurgit plus forte encore pour des concerts tout en énergie où chaque oeuvre, au lieu d'être noyée dans une opulence sonore envahissante, est cernée, condensée au plus profond de sa pulsation vitale. Elle offre ses doutes comme des certitudes, se livre et s'abandonne dans des tensions aiguës, rarement apaisées. Très physique, remuante, elle a conscience de parfois provoquer un malaise en concert. « Si je ne projette aucune charge émotionnelle, autant rester chez moi. »

Disques. Brahms : Concerto pour piano et orchestre no 1 (Staatskapelle de Dresde, dir. KurtSanderling, Erato).
Beethoven : Concerto pour piano et orchestre no 4, Sonates opus 109 et 110 (Philharmonique de New York, dir. Kurt Masur, Teldec).

Bernard Mérigaud

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Message par keiko le Sam 28 Jan - 18:26

merci beaucoup ce fut tres interessent[/b]

keiko
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Message par Invité le Sam 28 Jan - 18:43

J'aime beaucoup Hélène Grimaud , je la trouve belle , j'aime aussi beaucoup sa voix . C'est l'une de nos plus grandes pianistes et sa fascination pour les loups me la rend encore plus sympathique coeur .

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Message par thecatwoman le Dim 29 Jan - 10:21

Je suis tout à fait d'accord avec vous Cha et Kamicha. J'ai une grande admiration pour cette pianiste qui nous dévoile son respect pour les loups et la Nature. Une très grande dame que j'ai vue récemment répondre lors d'une émission télévisée. Elle nous révélait qu'elle comptait remettre en liberté l'un de ses loups, mais avec toutes les précautions nécessaires, avec l'aide de scientifiques.
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thecatwoman
Glouton

Date d'inscription : 28/11/2004
Localisation : Anjou

2ème animal : Mélodie, ma Mélodie du bonheur, qui est arrivée à la maison sans crier gare, s'est installée et a refusé de repartir.
3ème animal : Pretty, tortue de Floride, 25 ans.

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Message par Blacksad le Dim 29 Jan - 19:38

Pour toutes ces raisons, Hélène Grimaud a tout mon respect.

Blacksad
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Message par bimarion le Dim 29 Jan - 22:17

J'aime beaucoup le loup, je trouve que c'est un animal mystérieux et je suis pour sa réintégration même s'il capture de temps en temps du bétail, c'est la loi de la nature, c'est pour se nourrir et pas pour tuer par plaisir comme le font ces êtres qu'on appelle humains.

bimarion
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Message par keiko le Dim 29 Jan - 22:35

tout a fais d'accord avec toi bimarion

keiko
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Message par Invité le Lun 30 Jan - 6:14

Ce qui m'énerve aujourd'hui, c'est que le loup a toujours été là dans nos montagnes. C'est l'homme qui lui a grapillé petit à petit du territoire. Et aujourd'hui on dit effectivement que les troupeaux de moutons sont décimés par les loups .... (c'est triste pour les moutons, ca y a pas de doute, et en plus ils ne savent pas si ce sont des loups ou des chiens errants .) mais à la base c'est la faute de qui ? Et oui encore l'homme !!!

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Message par Blacksad le Lun 30 Jan - 10:57

Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi ça se passe mieux chez nos voisins italiens et pas chez nous en France ? Le Français serait il mal embouché ou mal disposé vis à vis du loup ?

Blacksad
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Message par keiko le Mar 31 Jan - 19:45

les francais sont betes et mechants pas tous heureusement

keiko
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Message par Staff le Dim 15 Avr - 18:20

Bonsoir,

Les loups n'ont pas été réintroduits en France.

Ils viennent d'Italie.

En 2004 et 2005, mon association a déposé plainte auprès de la

Commission Européenne concernant l'autorisation de tirs sur les loups.

Staff

L'Ami des Loups

Staff
Patte de Mouche

Date d'inscription : 15/04/2007
Localisation : Bruxelles - Belgique


http://www.cpnbrabant.eu

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Message par Invité le Mer 6 Aoû - 10:04

Ce qui incite les bergers à accuser les loups, est qu'ils perçoivent une prime de dédommagement par la municipalité, chaque fois qu'ils perdent une brebis. Dans ce cas comment voulez-vous que l'on n'accuse pas le loup!!!!. Par contre certains bergers ont fait l'acquisition de chiens de bergers et ceux-là ne se plaignent pas car le loup ne s'approche pas des troupeaux s'il y a des chiens. Ce qui n'est pas le cas de tous les bergers, pensez-vous, l'appât du gain !!!! Je suis belge et j'ai appris l'histoire par un guide dans Montpellier-le-vieux qui devait être lui aussi un ami des loups. Je suis allée visiter le parc des loups du Gévaudan, cela vaut la peine car on apprend bien sûr beaucoup de choses intéressantes concernant la vie de ces bêtes fabuleuses. A présent, ce sont les ours qui auront le mauvais rôle car dans l'ariège, certains bergers se plaingnent à nouveau en disant qu'ils partent le matin avec la peur au ventre.( il y a eu quelques brebis attaquées.....) Info de TF1
Marie-Eve une amie des loups et autres.... entre chat-parenthèse..

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