L'hôpital pour animaux de Saint Hyacinthe (Québec) fait peau neuve

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Message par joelle le Lun 11 Aoû - 14:34

À l'approche de son 125e anniversaire, en 2011, le Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Saint-Hyacinthe a retrouvé cette année une nouvelle jeunesse, après avoir vécu en 1999 la perte de son statut d'institution reconnue par l'American Veterinary Medical Association en raison de la vétusté de ses infrastructures, c'est-à-dire de ses bâtiments et de ses équipements médicaux.


Comment a-t-on pu en arriver à une telle situation, qui, il faut bien l'avouer, était humiliante pour l'équipe de professionnels de cette vénérable institution? Le Dr Pascal Dubreuil, vice-doyen de la Faculté de médecine vétérinaire, sciences cliniques, de l'Université de Montréal, à laquelle est rattaché le CHUV, reconnaît que celui-ci en était rendu à «l'extrême limite, dans les câbles». Il explique ensuite que la médecine animale passe toujours en second, derrière la médecine humaine. Or, quand on connaît les difficultés financières vécues d'une part par le système hospitalier et d'autre part par le monde universitaire, on comprend que le CHUV arrivait loin dans les priorités.

Le défi

Les pouvoirs publics ont finalement réagi et injecté 74 millions de dollars pour rénover et agrandir les installations du CHUV. La contribution du gouvernement québécois a été de 41 millions, dont 17,2 millions pour la formation et la recherche, et le gouvernement fédéral a mis le reste. De l'ensemble de ces subventions, un montant approchant 15 millions est allé à l'achat d'équipements. Le défi sera maintenant de maintenir le CHUV et ses installations à un haut niveau, car dans le cas d'équipements sophistiqués, par l'exemple l'imagerie numérique, la technologie évolue très rapidement.

Le 26 mars dernier, le CHUV retrouvait donc l'agrément de cette institution américaine qui établit l'accréditation de la trentaine d'écoles de médecine vétérinaire qui existent aux États-Unis et au Canada. Le CHUV a besoin de cette accréditation pour assurer que ses diplômés et leurs compétences jouissent d'une reconnaissance égale à celle de l'ensemble des 76 000 vétérinaires de l'Amérique du Nord. «Le défi est de maintenir nos équipements à un niveau comparable à celui de ce qui existe ailleurs», insiste M. Dubreuil. À cette fin et dans une perspective à plus long terme, le CHUV envisage d'organiser une campagne pour aller chercher dans le public une somme d'au moins une vingtaine de millions.

Un hôpital comme les autres

Quand on visite le CHUV, on constate rapidement qu'un hôpital pour les animaux est organisé et fonctionne à peu près de la même façon que les CHUM, CHUL et autres centres hospitaliers au service des humains. Le CHUV a ceci de particulier qu'il regroupe en fait trois hôpitaux: l'un pour les animaux de compagnie, tels que les chiens, les chats, les oiseaux de proie, les animaux exotiques; un autre, bien sûr, pour les animaux de la ferme, et un troisième pour les équins. Il y a de plus une clinique ambulatoire, comprenant huit véhicules qui vont sur les fermes pour apporter des soins préventifs et curatifs aux bovins laitiers, aux volailles et aux porcs. Ces hôpitaux, qui desservent principalement la population de la région de Saint-Hyacinthe, traitent aussi des animaux référés par diverses cliniques vétérinaires du Québec et de territoires avoisinants.

Les revenus obtenus en services rendus à ces différentes clientèles sont de huit millions par année, soit 1,5 million provenant du groupe équin, un million de la clinique ambulatoire, 800 000 $ des bovins qui viennent à l'hôpital et plus de quatre millions générés par les animaux de compagnie. Cette dernière clientèle est en pleine croissance et a fait doubler les revenus du CHUV en l'espace de cinq ans.

12 000 cas par année

L'hôpital traite 12 000 cas d'animaux de compagnie par année, ce qui confirme l'existence d'un phénomène de société, soit cet amour souvent inconditionnel des gens envers leurs toutous. Pour les animaux de compagnie, les honoraires sont de 150 $ l'heure, taxes non incluses. Pour les animaux de fermes, les producteurs agricoles reconnus peuvent compter sur l'Assurance de santé agricole du Québec, qui paie jusqu'à 39 % des frais. Les agriculteurs qui paient le reste n'ont évidemment pas intérêt à abuser du système, souligne le Dr Dubreuil. Dans leur cas, il s'agit essentiellement d'une médecine économique, qui n'a rien de sentimental. Par exemple, lors de la crise de la vache folle et de l'embargo américain qui en a découlé, la valeur des bovins a chuté, avec le résultat qu'un animal malade était souvent abattu plutôt que d'être confié aux bons soins d'un vétérinaire. En revanche, les animaux de grande valeur, tels que les chevaux de course et les taureaux reproducteurs bien établis, recevront les meilleurs services médicaux professionnels qui soient.

Toutefois, les revenus de huit millions en services offerts dans la région de Saint-Hyacinthe, la plus importante région agricole au Québec, sont nettement insuffisants pour couvrir les besoins financiers du CHUV, dont le budget annuel est de 18 millions. La contribution de 10 millions de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal se justifie par le fait que la première vocation du CHUV est l'enseignement et la formation de vétérinaires. Les services destinés à diverses clientèles animales constituent d'abord un complément à la formation pratique des vétérinaires.

Contrairement à la situation des centres hospitaliers universitaires de la médecine humaine qui, sans leur volet universitaire, demeureraient quand même des hôpitaux en service, le CHUV ne survivrait pas sans ce lien universitaire. Le CHUV est unique aussi par le fait qu'il offre toutes les spécialités, ce qui n'est pas le cas dans la médecine humaine, où les hôpitaux se limitent à une ou quelques spécialités. Le CHUL a ses services d'urgence et de soins intensifs. Il s'intéresse à la médecine de comportement, à la dermatologie, à la neurologie, à l'oncologie, à la dentisterie, à l'ophtalmologie, à la cardiologie, etc.

La faculté et les étudiants

Par ailleurs, la faculté possède son centre de recherche, qui l'an dernier a obtenu plus de huit millions en subventions et en contrats. Sur 180 étudiants aux cycles supérieurs, 125 étaient engagés dans des projets de recherche à la maîtrise ou au doctorat. Cette faculté compte 600 étudiants et 120 enseignants et chercheurs. Chaque année, il y a de 500 à 600 demandes d'entrée, mais la faculté n'en accepte que 85, comme quoi la sélection se fait selon des critères académiques très serrés. Dans cette faculté comme dans plusieurs autres, 80 % des candidats retenus sont des femmes. Et la plupart viennent de milieux urbains, ce qui est normal, puisque la majeure partie de la population vit dans des villes. Il faut cinq ans d'études avant d'obtenir un diplôme de vétérinaire et trois ou quatre ans de plus pour devenir spécialiste.

Animaux de compagnie

Où vont ces diplômés? Soixante-quinze pour cent d'entre eux optent pour les soins aux animaux de compagnie, qui sont devenus le principal marché. En outre, les cliniques privées offrent des salaires supérieurs. Le Dr Dubreuil avoue que le recrutement devient plus difficile pour l'université. On prévoit d'ailleurs qu'il y aura une pénurie de vétérinaires dans les 10 à 15 prochaines années en Amérique du Nord. Et comme dans la médecine humaine, certains vétérinaires québécois optent pour une carrière aux États-Unis.

Depuis un mois, le CHUV a un nouveau directeur-général, Bernard Cyr, qui était au départ un inhalothérapeute. Celui-ci a ensuite obtenu un MBA et est devenu, depuis 11 ans, un gestionnaire dans des centres hospitaliers, entre autres aux hôpitaux Le Gardeur et Maisonneuve-Rosemont. Il arrive au CHUV avec le mandat de procéder à une restructuration administrative, c'est-à-dire d'instaurer l'imputabilité, un système autonome de gestion par secteur et une révision des procédures. M. Cyr y voit «un défi énorme», d'autant plus important que le CHUV se demande maintenant comment il va se positionner au Québec, eu égard à sa mission première de maintenir un équilibre entre l'enseignement, qui coûte cher, et les services, qui génèrent des revenus. En somme, force est de constater qu'en médecine animale comme en médecine humaine, l'accès au financement est un enjeu incontournable et pour ainsi dire vital.


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joelle
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Bébé Léonard mort à 5 mois d'un accident - Mon petit Titou 2 ans enlevé et massacré - Poupouille chat du voisin qui vivait 95% du temps à la maison. Les 5% lui ont été fatal - Rouxdoudou recueilli à 6 ans et a vécu jusqu'à 12 ans un grand bonheur. Parti en quelques minutes d'une embolie pulmonaire.

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